18 juin 2007
Royal: "nous avons décidé de ne plus être ensemble"
J'ai choisi de ne pas m'attarder sur ce sujet, car cela reste du ressort de la vie privée dans laquelle je ne trouve pas décent de s'immiscer.
Une seule chose attire mon attention: "Comme tous les couples, nous avons connu des difficultés. J'avais choisi de les mettre entre parenthèses pendant la campagne", a-t-elle déclaré. Quel bel exemple, quelle belle preuve d'amour... Amour oui, mais pour qui? Pour Mr Hollande ou pour le pouvoir? Je ne fais que poser la question. Quoi qu'il en soit, le PS a tout à perdre dans cette affaire, surtout que Ségoléne Royal est clairement candidate à la succession de son ex-compagnon à la tête du parti.
Il faudra en retenir une importante leçon: en politique plus qu'ailleurs, mélanger la vie sentimentale et professionnelle n'est pas toujours gage de succés.
13 juin 2007
Ça grésille entre Ségoléne Royal et François Hollande
C'est la seconde fois que Ségolène Royal tend la main à François Bayrou. Après avoir débattu publiquement avec lui lors de l'entre-deux-tours de la présidentielle, Ségolène Royal a appelé lundi les électeurs du MoDem, le nouveau parti de François Bayrou, à se porter le 17 juin sur les candidats du PS. "A partir du moment où l'enjeu de ces élections législatives c'est d'empêcher la concentration excessive des pouvoirs entre les mains du même parti, ce que François Bayrou a souligné hier (...), il est évident que les électeurs du MoDem doivent rejoindre les candidats du PS", a-t-elle expliqué.
Elle a indiqué avoir téléphoné lundi matin à François Bayrou et lui avoir laissé un message, pour discuter du second tour des législatives, lors d'un déplacement dans le XIVè arrondissement de Paris pour soutenir le candidat des Verts Yves Cochet. Ségolène Royal a ajouté devant la presse qu'elle attendait une réponse du leader du Mouvement démocrate. "Nous devons joindre nos forces, il faut travailler au cas par cas", a-t-elle dit. Dans la matinée, le MoDem a affirmé n'avoir eu "aucun contact" avec le PS.
Hollande pas tout à fait d'accord
De son côté, François Hollande a pris ses distances avec l'initiative de Ségolène Royal, "la démocratie téléphonique", déclarant : "Moi, je peux ne pas avoir à téléphoner". "Chacun peut appeler qui il veut, nous sommes dans une démocratie téléphonique (...) Je n'interdis à personne de téléphoner mais moi, je peux ne pas avoir à téléphoner", a affirmé le premier secrétaire lors d'un point de presse.
Peu avant, il a appelé "à ce que tous les électeurs de gauche se retrouvent sur les candidats, notamment socialistes, et même des électeurs qui ne sont pas de gauche mais qui sont des républicains (pour qu'ils) viennent aussi". "François Bayrou se retrouve dans une situation où il est quasiment le seul avec deux ou trois de ses amis à être au second tour. A partir de là, je ne m'adresse pas au candidat, je m'adresse à ses électeurs", a-t-il dit.
"Alliance de partis"
A gauche, le porte-parole du PS Julien Dray a assuré que son parti ne ferait pas "barrage" aux candidats du MoDem dans certaines circonscriptions au second tour des élections législatives, afin de "créer toutes les conditions d'un Parlement pluraliste". Interrogé sur l'attitude du PS à l'égard du MoDem le 17 juin, il a répondu : "Si dans quelques circonscriptions, de manière symbolique, nous pouvons permettre à ce qu'un certain nombre de sensibilités politiques puissent être représentées à l'Assemblée nationale, ce n'est pas les socialistes qui vont faire barrage. C'est au cas par cas". "Je considère qu'il faut créer toutes les conditions d'un Parlement pluraliste et toutes les conditions d'un rassemblement large", a dit Julien Dray lundi matin sur Europe 1.
A droite, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a observé que Ségolène Royal "propose simplement des alliances de partis" et non pas "un accord sur des idées". Alain Juppé s'est quant à lui insurgé sur France Inter contre la présentation "blessante" d'une Assemblée nationale, largement acquise à la droite, qui serait transformée en simple "chambre d'enregistrement", comme l'affirme la gauche. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a lui aussi appelé l'UMP à "tendre la main" à François Bayrou. Il "a eu des choix stratégiques qui n'étaient pas les bons, mais je suis toujours pour qu'on tende la main. Quand on gagne, on tend la main", a-t-il fait valoir lundi matin sur France 2.
Royal : le "message n'attendait pas de conversation particulière"
Face aux réactions au sein du PS, Ségolène Royal a cherché à minimiser lundi soir, sur France 2. Disant n'avoir pas eu de contact direct avec François Bayrou (elle lui avait seulement laissé un message), elle a affirmé qu'elle n'attendait "pas de négociations particulières. Ca n'est pas du tout prévu". "J'ai laissé un message qui n'attendait pas de conversation particulière. C'est un message en direction des électeurs du MoDem et de leur président pour dire à François Bayrou que j'appréciais cette vision du pluralisme", a-t-elle précisé.
Quant à ses positions divergentes avec François Hollande sur ce point, elle a commenté : "Il n'y pas de conflit sur cette question. Moi j'ai un contact personnel depuis l'élection présidentielle avec François Bayrou, il m'a semblé tout à fait normal de lui laisser un message" avant de "lancer un appel aux électeurs" à la télévision.
Lors de cette interview, Ségolène Royal a aussi violemment mis en cause l'impartialité de la chaîne à propos d'un reportage consacré aux candidats socialistes aux législatives. "Permettez-moi de vous dire que le reportage que vous venez de passer est assez scandaleux pour tous les candidats que vous annoncez perdus d'avance, battus d'avance", a-t-elle lancé au présentateur David Pujadas. "Laissez les électeurs trancher, si vous le voulez bien ! Laissez les députés socialistes se battre entre les deux tours !", a-t-elle encore asséné. Mardi, Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, a répondu que le reportage était "irréprochable" et avait respecté l'égalité entre les candidats.
Qui a dit que le ridicule ne tuait pas...??? Aurevoir Mme Royal, enfin j'espère!
28 mai 2007
DSK espère "limiter la défaite"
A quelques jours des législatives, le Parti socialiste pense-t-il que les élections sont déjà perdues ? C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre Dominique Strauss-Khan qui a estimé lundi, lors d'une rencontre avec des militants de la 13e circonscription du Rhône, que pour pouvoir se refonder, le Parti socialiste avait besoin que la défaite aux législatives ne soit "pas trop cuisante".
Estimant "raisonnable de penser que la gauche ne sera pas majoritaire à l'Assemblée nationale" à l'issue du prochain scrutin législatif, Mr Strauss-Kahn a souligné que "pour gagner les élections qui suivent, il faut que le PS ait été capable de réfléchir sur lui-même. Il ne s'agit pas d'abandonner nos valeurs mais de les adapter, les faire vivre dans un monde qui a changé, avec une mondialisation dont tout le monde est conscient, et sur laquelle nous n'avons pas eu de réponse assez claires lors de la campagne présidentielle", a-t-il déclaré.
Un pas vers le MoDem
Sans préciser le périmètre d'un parti socialiste refondé, Dominique Strauss-Kahn a indiqué qu'il n'avait "pas d'hostilité de principe à un éventuel soutien à certains candidats du MoDem" au deuxième tour des législatives. "Au soir du premier tour, dans les circonscriptions où le candidat de gauche est éliminé, laissant face à face un UMP et un MoDem, nous réfléchirons, en fonction de la personnalité du candidat centriste, à un soutien du parti socialiste au candidat MoDem pour battre Nicolas Sarkozy", a-t-il précisé.
14 mai 2007
Des ministrables de gauche sévèrement jugés
Alors que les tractations continuent avec autant de vigueur en ce début de semaine, les possibles nominations de personnalités ou d'anciens ministres de gauche dans le 1er gouvernement -qui devrait être annoncé vendredi- de l'ère Sarkozy n'ont pas manqué de faire réagir dans les rangs du PS.
Le plus dur d'entre eux, Dominique Strauss-Kahn, a indiqué lundi matin sur BFM-TV que "chacun était libre" de ses choix, mais pointé le risque d'une "une trahison de soi-même", visant notamment Hubert Védrine et Bernard Kouchner. Pour le député du Val d'Oise, "ce n'est pas obligatoirement la meilleure solution pour quelqu'un qui a été ministre de la gauche, de François Mitterrand, de Lionel Jospin de servir aujourd'hui une politique qui ne peut pas être la même". L'ancien ministre de l'Economie poursuit : "ou bien on a des convictions - et les deux personnes évoquées en ont - et c'est très difficile de dire qu'avec ces convictions là on va faire le contraire de ce qu'on a dit avant. Ou bien on faisait de la politique sans convictions, et ce serait un peu dérisoire, je ne crois pas que ce soit le cas", a-t-il expliqué.
"Assumer une politique qu'ils ont combattue"
Sur I-Télé, Claude Bartolone, proche de Laurent Fabius, a de son côté souligné que les personnalités de gauche qui accepteraient d'entrer dans le gouvernement "auraient à assumer les politiques sociales, les politiques économiques" de la nouvelle majorité. "S'ils acceptent, c'est qu'ils arrivent à gérer des contradictions et ont la colonne vertébrale très souple". Toujours au PS, Jean-Christophe Cambadelis a mis en garde les candidats de gauche à un portefeuille ministériel : s'ils entrent au gouvernement, "ils passent à droite. Une droite, qui, sous le masque de l'ouverture, reste dure. Ils auront à assumer une politique qu'ils ont eux-mêmes combattue".
Bertrand Delanoë a lui déclaré lundi "ne pas croire" ces rumeurs de ralliement. "On ne peut pas être de gauche et dans ce gouvernement", dit le maire de Paris, "c'est une erreur de penser que ce gouvernement peut mener une politique économique et sociale de gauche". Pour le député socialiste européen Benoît Hamon, l'entrée d'hommes de gauche au gouvernement porterait "un sale coup" au Parti socialiste. "S'ils le font, cela les amènerait à quitter la gauche", poursuit-il. Pour l'élu européen, l'objectif de Nicolas Sarkozy est simplement de "réussir au débauchage d'un ancien ministre de gauche". Il a toutefois relevé qu'il s'agirait d'un "phénomène assez marginal" car ces deux personnalités, de même que Claude Allègre, également contacté par le président, n'étaient "pas très investies dans la vie collective du PS".
Encore un signe que le PS est au bord de la rupture... Certes les intentions de Nicolas Sarkozy ne sont pas claires dans le sens où nul ne peut dire (à part lui bien entendu) s'il s'agit d'un calcul politicien ou d'une réelle volonté d'ouverture. Pour autant, il n'est pas utile de dramatiser la situation. Si, comme l'affirment certains cadres du parti, Messieurs Védrine, Kouchner et Allègre ne sont plus présent dans l"organigramme du PS, alors on ne peut plus parler de débauchage... Mais non, il faut que l'on critique, qu'on s'indigne.
Je ne rappellerais qu'une seule chose. Il s'agit des critiques adressées à Jacques Chirac après la nomination du gouvernement Raffarin en 2002. Avant le 2nd tour, il avait appelé les électeurs socialistes à voter pour lui (mais surtout contre Jean Marie Le Pen). Après sa victoire, certaines sensibilités de gauche auraient voulu en conséquence qu'il forme un gouvernement d'union nationale... C'est à ne plus rien comprendre. Quoi qu'il en soit, je ne pense pas que la nomination de ministres de gauche change véritablement quelque chose à la politique de Mr Sarkozy et de son gouvernement. Ils seront simplement des "quotas", des faire-valoir sans importance voire même des fusibles qui sauteront à la première critique.
12 mai 2007
Ségoléne Royal et François Hollande (déjà) en désaccord sur le candidat de 2012
Mme Royal veut réformer le calendrier interne du PS, pas encore répond Mr Hollande
Un peu plus tard, François Hollande répondait à la proposition de sa compagne. En finir avec les primaires, pourquoi pas, mais désigner le candidat en congrès, on verra plus tard si c'est la bonne solution. Une désignation anticipée, d'accord, mais pas si tôt. "Le moment n'est pas venu", a-t-il lancé.
En attendant, il y a les législatives. Hollande a été très ferme sur les candidatures dissidentes : "je ne laisserai pas se défaire ce que avons construit et des comportements individuels mettre en cause le collectif". Il a souhaité qu'on "en termine une fois pour toutes" avec la question du désistement avec le Mouvement démocrate de Bayrou. "Ne nous posons pas la question à nous-mêmes alors que (François) Bayrou ne nous apporte pas de réponse", a-t-il dit.
Et c'est reparti! Le PS repart en guerre... interne. L'echec des présidentielles n'a pas encore été analysé, la campagne pour les législatives n'a pas encore commencé, et déjà les désaccords se multiplient. Si chacun donne son avis, les socialistes n'en finirons jamais. Et dire qu'ils voulaient réformer le parti. C'est mal parti.
Si la gauche était aussi douée pour monter un programme politique cohérent que pour la critique de leur propre camp, elle remporterait haut la main tous les scrutins... Mais on en est bien loin. Le PS a voulu mettre en avant la force de ses individualités, mais cette stratégie n'a pas été payante: l'individualisme a pris le pas sur le projet de société porté par le parti.
Mme Royal veut que le candidat du PS pour 2012 soit désigné rapidement
La campagne pour les législatives est "conduite par le Premier secrétaire François Hollande", mais "j'y prendrai évidemment toute ma place en tant que candidate à l'élection présidentielle". La candidate malheureuse à l'Elysée a ouvert samedi le conseil national du PS, censé tirer un premier bilan de la présidentielle et adopter une plate-forme programmatique pour les législatives, par quelques petites mises au point. Après un appel à l'"union" et à la "mobilisation" des socialistes pour les législatives, elle s'est une nouvelle fois dite "disponible" et prête à participer à des réunions électorales, d'autant plus, a-t-elle rappelé, qu'elle n'est pas elle-même candidate à la députation. Mais là n'était pas le sujet principal de son intervention devant le parlement du parti, qui compte plus de 300 membres.
Revenant sur la présidentielle, elle a estimé qu'il y avait échec commun et que le temps ne devait pas être aux "polémiques" et aux "interprétations de la défaite", "certaines justes, d'autres dérisoires, d'autres inutilement blessantes". En résumé, il faut attendre après les législatives pour en reparler... mais tout de même : "ce qui s'est passé au sein du PS" n'a pas eu lieu à droite car "la droite a été disciplinée", a-t-elle lancé fermement à la presse après avoir quitté le conseil samedi en fin de matinée.
Un calendrier "structuré, musclé"
D'où sa proposition "pour l'avenir" de "réformer (le) calendrier" socialiste pour la présidentielle. Ce qu'elle souhaite en premier lieu : que le prochain candidat socialiste à l'Elysée pour 2012 soit "rapidement désigné après les législatives", et qu'ensuite s'engage l'élaboration du projet présidentiel de son parti "avec celui ou celle qui sera chargé de le porter". Elle est favorable à une désignation dès "le prochain congrès, quand la date sera fixée".
Ce congrès est prévu en principe à l'automne 2008, mais certains au PS souhaiteraient qu'il soit avancé. Ainsi Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne de Ségolène Royal, a plaidé pour qu'il "ne tarde pas trop". "Il faut que le candidat soit désigné beaucoup plus tôt, qu'il ne soit pas épuisé dans des querelles et des conflits internes", a argumenté Ségoléne Royal. Il faut, a-t-elle recommandé, "que le projet soit fait avec le candidat ou la candidate et pas avant. Il va falloir inverser et rendre cohérent le calendrier".
Ce calendrier, elle l'a souhaité "bien structuré, musclé". Et ce, afin d'amender un processus de désignation interne "qui a été destructeur d'une certaine façon", a-t-elle dit. Pour l'élection présidentielle 2007, Ségoléne Royal a été désignée le 16 novembre 2006 par vote des militants, soit plusieurs mois après l'adoption du projet politique du PS, qui avait eu lieu en juin.
La candidate est aussi revenue sur l'élection présidentielle. "A droite, la discipline a été sans faille", a-t-elle répété, tandis que "de mon côté, tous les matins, en ouvrant le journal, je me demandais quel était le socialiste qui allait porter une critique sur ce que je disais, y compris sur des fondamentaux très importants comme la valeur travail, qui est une réalité dont j'ai été la première à parler", a-t-elle dit. Ségolène Royal a par ailleurs dit sa "fierté" d'avoir conduit la campagne présidentielle, estimant que les 17 millions de voix obtenues contenaient "des perspectives d'avenir, un élan, une fierté". "Je ne sais pas s'il faut être plus ou moins à gauche, il faut être à gauche, ne faisons pas de débats inutiles sur cette question", a-t-elle conclu, souhaitant "incarner le socialisme du réel".
Je dois avouer que je suis surpris d'un tel empressement de la part du Parti Socialiste. Il semble que la gauche veuille éviter de renouveller les conflits internes qui ont certainement retiré de la crédibilité à la candidature socialiste lors de l'élection présidentielle, alors que le droite était en rang serré derriére Nicolas Sarkozy.
Mais il y a un risque, c'est que la candidature de la personne qui sera choisie par le PS s'essoufle avant même que ne commencent les premiers meetings, à l'approche du scrutin de 2012.
5 ans, c'est long, et il peut se passer beaucoup de chose durant ce quinquenat. Désigner aujourd'hui un candidat, avec ses valeurs, ses engagements et sa personalité, c'est prendre le risque qu'il ne soit pas en phase avec les attentes que les français exprimerons dans 5 ans. Ce candidat devra alors modifier sa ligne de conduite, se concentrer sur d'autres thémes. En résumé, il subira la campagne, probablement tout le contraire de ce que souhaite le parti socialiste en désignant si tôt son candidat.
Mais le Parti Socialiste n' a pas le choix! Le parti compte de nombreux "ténors" : Mme Royal, Mr Hollande, Mr Strauss-Kahn, Mr Fabius, Mr Lang, Mr Delanoé, ... La liste est longue, très longue, trop longue car chacun est un prétendant à l'investiture socialiste. Le PS est pris en tenaille entre d'une part le risque de revoir se produire la lutte interne entre Ségoléne Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius et d'autre part la distance qu'il reste à parcourir jusqu'à 2012.
Entre deux maux, il faudra choisir...
11 mai 2007
Les "révélations" de Mme Royal
Dimanche 16 mai, 19h45, un quart d'heure avant la publication officielle des premières estimations des résultats de la présidentielle, Ségolène Royal avait brièvement appelé Nicolas Sarkozy. La candidate malheureuse a raconté ce vendredi aux journalistes le contenu de cette conversation. Du moins une partie. Elle a dit avoir glissé un "commentaire" au futur président sur Eric Besson, démissionnaire en février de son poste de conseiller aux questions économiques au Parti Socialiste et qui a rejoint, entre les deux tours, Nicolas Sarkozy.
Elle dit aussi avoir expliqué au futur chef d'Etat qu'elle avait fait interdire la distribution du pamphlet anti-Sarkozy, rédigé notamment par l'ancien secrétaire national du PS Eric Besson, en même temps que ses propres documents de campagne. Nicolas Sarkozy était traité, dans ce pamphlet, de "néo-conservateur américain à passeport français", doté "un égo largement plus dilaté que la moyenne" et dont la campagne était "une arme de dissimulation massive" après des passages "survoltés" mais "médiocres" dans différents ministères.
Hubert Védrine chez Mr Sarkozy : no comment
Lors de cet entretien téléphonique, elle a aussi exprimé à Nicolas Sarkozy qu'elle trouvait "parfaitement déloyal" d'avoir "récupéré" Eric Besson pour porter la charge contre elle dans les meetings UMP. L'ex-PS avait en effet pris la parole lors d'un des derniers meetings du candidat de l'UMP pour expliquer sa position. Il en avait profité pour tirer à boulets rouges sur Ségolène Royal.
Dernier commentaire fait vendredi par l'ex-candidate PS : à propos de la croisière de Nicolas Sarkozy à Malte en début de semaine, jugée trop luxueuse par certains, notamment socialistes : l'Etat doit être "sobre, impartial et indépendant des pouvoirs d'argent". "C'est tout ce que j'ai à dire", a-t-elle conclu, refusant de commenter la visite vendredi de l'ancien ministre socialiste Hubert Védrine au bureau de Nicolas Sarkozy.
Rien de bien surprenant donc dans ces quelques mots échangés entre les deux finalistes de la presidentielle. Je serais en tout cas curieux de savoir ce qu' a répondu Mr Sarkozy...
