13 juin 2007
Ça grésille entre Ségoléne Royal et François Hollande
C'est la seconde fois que Ségolène Royal tend la main à François Bayrou. Après avoir débattu publiquement avec lui lors de l'entre-deux-tours de la présidentielle, Ségolène Royal a appelé lundi les électeurs du MoDem, le nouveau parti de François Bayrou, à se porter le 17 juin sur les candidats du PS. "A partir du moment où l'enjeu de ces élections législatives c'est d'empêcher la concentration excessive des pouvoirs entre les mains du même parti, ce que François Bayrou a souligné hier (...), il est évident que les électeurs du MoDem doivent rejoindre les candidats du PS", a-t-elle expliqué.
Elle a indiqué avoir téléphoné lundi matin à François Bayrou et lui avoir laissé un message, pour discuter du second tour des législatives, lors d'un déplacement dans le XIVè arrondissement de Paris pour soutenir le candidat des Verts Yves Cochet. Ségolène Royal a ajouté devant la presse qu'elle attendait une réponse du leader du Mouvement démocrate. "Nous devons joindre nos forces, il faut travailler au cas par cas", a-t-elle dit. Dans la matinée, le MoDem a affirmé n'avoir eu "aucun contact" avec le PS.
Hollande pas tout à fait d'accord
De son côté, François Hollande a pris ses distances avec l'initiative de Ségolène Royal, "la démocratie téléphonique", déclarant : "Moi, je peux ne pas avoir à téléphoner". "Chacun peut appeler qui il veut, nous sommes dans une démocratie téléphonique (...) Je n'interdis à personne de téléphoner mais moi, je peux ne pas avoir à téléphoner", a affirmé le premier secrétaire lors d'un point de presse.
Peu avant, il a appelé "à ce que tous les électeurs de gauche se retrouvent sur les candidats, notamment socialistes, et même des électeurs qui ne sont pas de gauche mais qui sont des républicains (pour qu'ils) viennent aussi". "François Bayrou se retrouve dans une situation où il est quasiment le seul avec deux ou trois de ses amis à être au second tour. A partir de là, je ne m'adresse pas au candidat, je m'adresse à ses électeurs", a-t-il dit.
"Alliance de partis"
A gauche, le porte-parole du PS Julien Dray a assuré que son parti ne ferait pas "barrage" aux candidats du MoDem dans certaines circonscriptions au second tour des élections législatives, afin de "créer toutes les conditions d'un Parlement pluraliste". Interrogé sur l'attitude du PS à l'égard du MoDem le 17 juin, il a répondu : "Si dans quelques circonscriptions, de manière symbolique, nous pouvons permettre à ce qu'un certain nombre de sensibilités politiques puissent être représentées à l'Assemblée nationale, ce n'est pas les socialistes qui vont faire barrage. C'est au cas par cas". "Je considère qu'il faut créer toutes les conditions d'un Parlement pluraliste et toutes les conditions d'un rassemblement large", a dit Julien Dray lundi matin sur Europe 1.
A droite, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a observé que Ségolène Royal "propose simplement des alliances de partis" et non pas "un accord sur des idées". Alain Juppé s'est quant à lui insurgé sur France Inter contre la présentation "blessante" d'une Assemblée nationale, largement acquise à la droite, qui serait transformée en simple "chambre d'enregistrement", comme l'affirme la gauche. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a lui aussi appelé l'UMP à "tendre la main" à François Bayrou. Il "a eu des choix stratégiques qui n'étaient pas les bons, mais je suis toujours pour qu'on tende la main. Quand on gagne, on tend la main", a-t-il fait valoir lundi matin sur France 2.
Royal : le "message n'attendait pas de conversation particulière"
Face aux réactions au sein du PS, Ségolène Royal a cherché à minimiser lundi soir, sur France 2. Disant n'avoir pas eu de contact direct avec François Bayrou (elle lui avait seulement laissé un message), elle a affirmé qu'elle n'attendait "pas de négociations particulières. Ca n'est pas du tout prévu". "J'ai laissé un message qui n'attendait pas de conversation particulière. C'est un message en direction des électeurs du MoDem et de leur président pour dire à François Bayrou que j'appréciais cette vision du pluralisme", a-t-elle précisé.
Quant à ses positions divergentes avec François Hollande sur ce point, elle a commenté : "Il n'y pas de conflit sur cette question. Moi j'ai un contact personnel depuis l'élection présidentielle avec François Bayrou, il m'a semblé tout à fait normal de lui laisser un message" avant de "lancer un appel aux électeurs" à la télévision.
Lors de cette interview, Ségolène Royal a aussi violemment mis en cause l'impartialité de la chaîne à propos d'un reportage consacré aux candidats socialistes aux législatives. "Permettez-moi de vous dire que le reportage que vous venez de passer est assez scandaleux pour tous les candidats que vous annoncez perdus d'avance, battus d'avance", a-t-elle lancé au présentateur David Pujadas. "Laissez les électeurs trancher, si vous le voulez bien ! Laissez les députés socialistes se battre entre les deux tours !", a-t-elle encore asséné. Mardi, Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, a répondu que le reportage était "irréprochable" et avait respecté l'égalité entre les candidats.
Qui a dit que le ridicule ne tuait pas...??? Aurevoir Mme Royal, enfin j'espère!
Commentaires
Rififi chez les Royal
Rififi socialiste pitoyable.
Ils n' ont toujours pas compris... Dans 5 ans, ils nous mangeront dans les mains.
Que Le PS retrouve sa lucidité et comprenne que seule Segolene pourra faire la refondation necessaire
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