12 juin 2007
Défendre le pluralisme
Marielle de Sarnez ne donnera pas de consigne de vote pour le second tour. Mais à demi-mots, la candidate MoDem éliminée dimanche dans la 11e circonscription de Paris, appelle à voter pour le candidat des Verts Yves Cochet, qui affrontera l'UMP Nicole Guedj, ancienne secrétaire d'Etat de Jean-Pierre Raffarin. "Les électeurs qui ont choisi les candidats du Mouvement Démocrate l'ont fait parce que nous étions indépendants et responsables. Je les considère, eux aussi, comme responsables et indépendants. Je ne leur donnerai pas de consigne de vote pour le deuxième tour", explique-t-elle, après avoir recueilli 18,37% des voix. Avant d'ajouter : "Je sais qu'ils exerceront leur jugement pour choisir leur futur député en fonction des deux critères qui me paraissent les plus justes : la personnalité des candidats et la défense du pluralisme".
Le bras droit de François Bayrou juge également que "dans la 11ème circonscription, comme dans l'ensemble de la capitale, les résultats du Mouvement Démocrate sont très encourageants". Selon elle, ils démontrent "qu'il existe à Paris une forte attente de la part de nos concitoyens d'une démarche politique nouvelle". "Dans les mois qui viennent, nous nous attacherons à construire et développer cette force de renouveau, dans la capitale, comme en France", ajoute la conseillère de Paris, présidente de la fédération UDF dans la capitale. Remerciant les 7 148 électeurs qui lui ont apporté leur suffrage, Marielle de Sarnez, qui a prévu il y a plusieurs mois d'être candidate à la mairie de Paris en 2008, indique qu'elle sera "présente et active tout au long des années qui viennent pour le service de notre ville et de nos quartiers".
Comparini : le MoDem "ne doit pas être un culbuto"
Même son de cloche de la part de l'économiste Christian Saint-Etienne. Sans explicitement appeler à voter PS, le candidat du MoDem éliminé dimanche dans la 2e circonscription de Paris a appelé lundi ses électeurs à veiller au "pluralisme" lors du second tour qui opposera Jean Tiberi (UMP) et Lyne Cohen-Solal (PS). Idem pour Mario Stasi. Arrivé en 3e position avec 13,5% des voix dans la 1re circonscription de Paris, il laisse "la liberté de choix" à ses électeurs pour le 2nd tour, qui opposera la députée verte sortante Martine Billard à l'UMP Jean-François Legaret. Dans le même genre, l'UDF-MoDem de l'Isère a indiqué lundi ne pas "donner de consigne de vote pour le second tour", mais a appelé "à faire battre tout candidat condamné par la justice ou représentant un système marqué par la corruption ou les affaires", en allusion à Alain Carignon (UMP).
Mais les candidats du MoDem n'ont pas tous choisi cette ligne de conduite. Ainsi Thierry Cornillet, candidat UDF-MoDem dans la 2e circonscription de la Drôme qui, avec près de 14%, a été éliminé dimanche, a appelé lundi ses électeurs à voter pour le candidat de l'UMP, Franck Reynier, en ballottage favorable pour succéder au secrétaire d'Etat, Eric Besson. Thierry Cornillet avait appelé à voter Nicolas Sarkozy durant l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle. A l'inverse, Patrick Septiers, président de la section de Seine-et-Marne du MoDem, a annoncé lundi que son parti n'appelait à voter ni pour l'UMP Didier Julia, ni pour le dissident UMP Frédéric Valletoux, qui s'affronteront dimanche dans la 2e circonscription de Seine-et-Marne, et ce sans aucun sous entendu cette fois.
Eliminée dimanche dès le 1er tour, Anne-Marie Comparini préfère commenter, dans La Croix (de mardi), la défaite et les interrogations de son parti. Selon elle, le MoDem "ne doit pas être un culbuto qui tombe un jour à gauche, un jour à droite". La députée UDF sortante du Rhône, qui était l'une des rares à être restée fidèle à François Bayrou, estime que la scission de l'UDF "a donné une impression de faiblesse". "Il aurait peut-être fallu davantage rassurer nos amis, tentés par la majorité présidentielle, sur notre intention de ne pas pencher à gauche." "Le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle a également troublé beaucoup de centristes, qui l'ont interprété comme un signe d'attirance vers la gauche", estime-t-elle. Conclusion d'Anne-Marie Comparini : le MoDem "doit rester fermement au centre, c'est ce que les électeurs veulent".
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